Atelier « L’idée de science » 3e année 2015-2016

Responsables : Jean-Michel Muglioni et Jacques Doly

Programme 2015-2016

Quatre séances le samedi de 10h à 12h30 au CAPHES, 29 rue dUlm 75005 Paris.

1 – 23 janvier 2016

  • Charles BRAVERMAN, professeur au lycée Henri Parriat, Montceau-les-Mines, chargé de cours à l’université de Bourgogne, doctorant aux Archives Henri Poincaré de Nancy : « La classification comme pratique et idée de la science ».
    Voir les détails (renseignements pratiques et documents).

2 – 19 mars 2016

3 – 9 avril 2016 (séance initialement prévue le 21 novembre 2016)

4 – 28 mai 2016

 

 

L’idée de science chez Whitehead (par J. Devos)

Atelier « L’idée de science » 3e année,
animé par Jacques Doly et Jean-Michel Muglioni

___________

Séance initialement prévue le 21 novembre 2015.
Reportée au 9 avril 2016.

L’idée de science chez Whitehead

Jean Devos, professeur de Première supérieure (Saint-Cyr)

Argumentaire 

Les bouleversements de la science moderne ont favorisé l’émergence d’une critique de la métaphysique implicite à l’idée classique de la science, et qui consistait à établir le savoir en sa vérité sur l’identité fondamentale de la pensée et de l’être. Dans ce nouveau contexte, où la valeur de la science ne repose plus dans la capacité de la raison à saisir sur un mode contemplatif la structure ontologique du monde, les relations entre vérité scientifique et vérité philosophique sont devenues un problème de première importance.

Logicien et mathématicien philosophe, Alfred North Whitehead (1861-1947) critique une certaine conception de la réalité qui hypostasie et oppose l’« objet » et le « sujet ». Une telle dichotomie fait naître dans la pensée une polarisation entre, d’une part, le monde spatio-temporel des objets de la connaissance scientifique, et, d’autre part, le monde interne des cogitations de l’ « esprit ».

Whitehead s’appuie sur les grandes conceptions de l’univers, de Platon à Einstein, pour composer une théorie renouvelée de la réalité, conçue comme un flux spatio-temporel. Il intègre l’idée de la science à l’élaboration d’une vaste synthèse où les sciences sont coordonnées entre elles dans la perspective d’une cosmologie mathématique.

Nous verrons en quel sens la critique mutuelle des catégories scientifiques et des catégories philosophiques nous invite à une réflexion sur l’espace et le temps, et nous engage à une réévaluation de l’idée de science dont l’enjeu est l’adéquation entre la vérité et la réalité au sein de l’expérience.

Repères bibliographiques

Principales œuvres de Whitehead :

  •  A Treatise on Universal Algebra, with Applications, Cambridge, 1898
  •  « On Mathematical Concepts of the Material World», Londres, 1906
  •  (avec Bertrand Russell), Principia Mathematica, Cambridge, 1910-1913
  •  An Introduction to Mathematics, Londres, 1911
  •  « La théorie relationniste de l’espace », Paris, 1914, 1916
  •  « Space, Time, and Relativity », Proc. of the Aristotelician Soc., 1915
  •  The Organisation of Thought, Educational and Scientific, Londres, 1917
  •  An Enquiry Concerning the Principles of Natural Knowledge, Cambridge, 1919
  •  The Concept of Nature, Cambridge, 1920
  •  The Principle of Relativity, with Applications to Physical Science, Cambridge, 1922
  •  Science and the Modern World, New York, 1925
  •  Religion in the Making, New York, 1926
  •  Symbolism, Its Meaning and Effect, New York, 1927
  •  Process and Reality. An Essay in Cosmology, New York, 1929
  •  The Aims of Education and Other Essays, New York, 1929
  •  The Function of Reason, Princeton, 1929
  •  Adventures of Ideas, New York, Cambridge, 1933
  •  Nature and Life, Chicago, Cambridge, 1934
  •  Modes of Thought, New York, Cambridge, 1938
  •  « Mathematics and the Good », « Immortality », «Autobiographical Notes», in The Philosophy of Alfred North Whitehead, Evanston, Ill., 1941 (cf. infra)
  •  Essays in Science and Philosophy, Londres, 1947

Etudes sur Whitehead:

  • Philippe Devaux, La Cosmologie de Whitehead, tome 1, L’Epistémologie whiteheadienne, Paris, Editions Chromatika, 2007
  • Gilles Gaston Granger, L’Irrationnel, Paris, Editions Odile Jacob, 1998, chap. IX, «Alfred North Whitehead : un “schème cosmologique” », pp. 261 sq.
  • Ivor Leclrec (éd.), Philosophical Essays in Commemoration of the Centenary of Alfred North Whitehead, New York, Macmillan, 1961
  • Victor Lowe, Alfred North Whitehead : The Man and his Work, Baltimore, John Hopkins University Press, vol. 1, 1985, vol. 2, 1990
  • Wolfe Mays, Whitehead’s Philosophy of Science and Metaphysics. An Introduction to his Thought, The Hague, Martinus Nijhoff, 1977
  • Maurice Merleau-Ponty, La Nature. Notes de cours du Collège de France, Paris, Gallimard, 1968, Seuil, 1995, part. II, chap. 3, « L’idée de nature chez Whitehead », pp. 153 sq.
  • Robert M. Palter, Whitehead’s Philosophy of Science, Chicago, The University of Chicago Press, 1960
  • Bertrand Saint-Sernin, Whitehead. Un univers en essai, Paris, Vrin, 2000
    – « L’essai de cosmologie de Whitehead », in Daniel Andler (dir.), Philosophie des sciences, Paris, Gallimard, vol. I, 2002, pp. 107-121
  • « Morphogenèse mathématique du monde matériel », in Les Etudes philosophiques, oct-déc. 2002
  • Paul Arthur Schilpp (éd.), The Philosophy of Alfred North Whitehead, The Library of Living Philosophers, vol. III, Evanston, Ill., Northwestern University, 1941, La Salle, Ill., Open Court, 2e éd. 1951, 3e éd. 1991
    Albert Einstein : Philosopher-Scientist, The Library of Living Philosophers, vol. VII, Evanston, Ill., Northwestern University, 1949, 2ème éd. 1951, La Salle, Ill., Open Court, 3ème éd. 1970
  • Jules Vuillemin, La Logique et le monde sensible. Etudes sur les théories contemporaines de l’abstraction, Paris, Flammarion, 1971, part I, chap. 3, « Les limites externes du réalisme : la théorie de l’abstraction chez Whitehead », pp. 61 sq.
  • Jean Wahl, « La philosophie spéculative de Whitehead », in Vers le concret. Etudes d’histoire de la philosophie contemporaine, Paris, Vrin, 1932

Télécharger le document annexe

L’idée de science en médecine (par G. Barroux)

Atelier L’idée de science (2e année, 2014-2015)

animé par Jacques Doly et Jean-Michel Muglioni

Séance du 30 mai 2015 : argument et texte intégral

10h à 12h30 au CAPHES 29 rue dUlm 75005 Paris, salle Langevin (1er étage gauche)

L’idée de science en médecine.
Faire de la maladie un objet de science.
par Gilles Barroux (1)

Poser la question de ce que représente l’idée de science en médecine pourrait paraître très académique, voire loin des préoccupations pratiques qui unissent quotidiennement le sort des médecins et de leurs patients, loin aussi des questionnements propres aux chercheurs dans leurs laboratoires. On renverrait cette interrogation à un passé lointain – la médecine : art ou science ? – qui aurait perdu toute sa pertinence de nos jours. S’impose l’idée générale qu’après avoir fait la preuve d’autant d’innovations, de découvertes, d’hypothèses, peut-on encore avoir le moindre doute quant à la valeur scientifique de la médecine ? Mais cette interrogation quant à ce que signifie et implique l’idée de science en médecine, dépend, bien entendu de ceux qui la formulent : médecins, biologistes, philosophes, juristes, etc.

Vouloir évoquer scrupuleusement tous les aspects relatifs à l’idée de science en médecine nécessiterait, comme on peut s’en douter, bien plus d’une séance. Plutôt que d’égrener une série de thèmes et de dimensions, nous avons préféré décliner l’évolution de cette idée de science en médecine à partir d’un problème qui est encore fortement d’actualité, à l’intersection de la médecine, de la science et de la philosophie : celui des classifications des maladies et des critères à partir desquels s’édifie une telle entreprise. Il s’agira d’examiner comment, à travers cet exemple fécond des classifications, la médecine fait de la maladie un objet de science.

Après avoir évoqué ce que recouvre, originairement, l’émergence d’une rationalité médicale, nous examinerons comment une préoccupation visant à répertorier et à définir les maladies est mise en œuvre dès la tradition hippocratique (VIe-Ve siècle avant notre ère). Ensuite nous évoquerons les dimensions scientifique et philosophique des grandes nosologies et les raisons pour lesquelles c’est plus particulièrement à partir du XVIIIe siècle qu’elles voient le jour. Nous proposerons une hypothèse : c’est durant cette période que se formule, à travers l’entreprise nosologique, de manière critique, une certaine idée de science en médecine dans la mesure où de telles réalisations tendent à conférer à la médecine un statut de science à part entière. Enfin, nous nous interrogerons sur les enjeux généraux relatifs à de telles entreprises à la lumière des classifications contemporaines dont l’un des derniers exemples en date, en psychiatrie – le DSM 5 – fait couler beaucoup d’encre.

 

Bibliographie :

Claude Bernard, Introduction à la médecine expérimentale, avec une préface et des notes par Maurice Dorolle, Paris, Delagrave, 1978, Reprod. en fac-sim. de l’éd. de Paris, J.-B. Baillière et fils, 1865

François Boissier de Sauvages, Nosologie méthodique, trad. de la dernière édition latine par M. Gouvion, a joint à cet ouvrage : Carl von Linné : Genera morborum, avec la traduction française à côté, Lyon, J.-M. Bruyset, 1772

Georges Canguilhem, La santé : concept vulgaire et question philosophique, éd. Sables, 1990

François Dagognet, Le catalogue de la vie, éd. PUF Quadrige, 1970

Dictionnaire des sciences médicales, par une société de médecins et de chirurgiens, édition de Panckoucke, Paris 1819, articles « Nosographie »

Anne Fagot-Largeault, « Histoire des classifications en santé », dans Enjeux des classifications internationales en santé, éd. G. Pavillon, INSERM, 1998

Mirko Grmek, Savoir et pouvoir en médecine, Conférence de Pérouse, 1985

Philippe Pinel, Nosographie philosophique ou la méthode de l’analyse appliquée à la Médecine, 2° édition, 1802 – Nosographie philosophique ou la méthode de l’analyse appliquée à la médecine, Paris, J. A. Brosson, 1810, reproduit sous forme de document électronique par la B.N.F., 1995

Préambule à la Constitution de l’Organisation mondiale de la Santé, tel qu’adopté par la Conférence internationale sur la Santé, New York, 19-22 juin 1946

Jacques Roger, Pour une histoire des sciences à part entière, Paris, Albin Michel, 1995

Curt Sprengel, Histoire de la médecine depuis son origine jusqu’au dix-neuvième siècle, trad. de l’allemand par A. J. L. Jourdan, Paris, Édouard-François-Marie Bosquillon, 2° éd., 1815-1820

Thomas Sydenham, Médecine pratique, avec des notes, trad. de la dernière édition anglaise par M. A. F. Jault, Docteur en Médecine, et Professeur au Collège Royal, Montpellier, Picot, 1816.

 

Télécharger le texte intégral de l’exposé

Télécharger le document annexe (plan détaillé de l’exposé et textes)

 

1 – Professeur en classes préparatoires aux Grandes écoles au lycée Henri Moissan de Meaux, docteur en philosophie, directeur de programme au Collège international de philosophie.

 

Retour au programme de l’atelier

L’idée de sciences de la nature (par A. Chauve)

Atelier « L’idée de science » (2e année) 2014-2015

Séance du 24 janvier 2015 : argument

10h à 12h30 au CAPHES 29 rue dUlm 75005 Paris

L’idée de sciences de la nature
par Alain Chauve (1)

Si l’expression « sciences de la nature » a un sens, il faut bien qu’elle corresponde à une idée. Les sciences de la nature présupposeraient donc une certaine idée de ce qu’est la nature en tant qu’elle est l’objet de sciences.

On est alors amené à se poser deux questions. D’abord, quelle serait cette idée ? Et ensuite, peut-on aller jusqu’à dire que des sciences qui veulent être des sciences de la nature sont fondées sur cette idée ? Si c’était le cas, il faudrait admettre que l’idée de sciences de la nature est une idée métaphysique. Par voie de conséquence, le caractère scientifique des sciences de la nature deviendrait problématique. Le rôle fondamental de l’observation dans ces sciences et l’idée qui serait leur fondement entreraient en contradiction et poseraient un problème insoluble.

1 –  Professeur de première supérieure, inspecteur pédagogique régional

Télécharger les documents (textes) utilisés dans la séance.

Télécharger le texte intégral de la séance (tous droits réservés).

 

Retour au programme de l’atelier

 

Publication de l’atelier « Ironies socratiques » 2014

Responsables : Anne Baudart et Hélène Politis
Publication électronique intégrale des interventions
(tous droits réservés)

Présentation

Placé sous le signe pluriel et polyvalent des « Ironies socratiques », cet Atelier de la Société française de philosophie évite de limiter l’ironie à un procédé langagier parmi d’autres, ou encore au mode original d’interrogation par lequel Socrate déroutait et stimulait ses interlocuteurs, ou encore à un art de la séduction qui, tout à la fois, attire et rebute. L’héritage de Socrate est multiple ; nul ne peut affirmer l’avoir cerné en totalité ; il reste vivant aujourd’hui sous maintes figures contrastées. Merleau-Ponty ne s’y était pas trompé qui voyait en « l’ironie vraie » une tâche et non un alibi, une matrice de détachement salutaire pour l’action, une attitude autant qu’un devoir-être, une conduite de vigilance intellectuelle. Nous souhaitons, en 2014, prolonger et diversifier le travail artisanal que nous avons engagé en 2013. L’année 2013 nous a fait rencontrer et célébrer, sous divers angles convergents, Kierkegaard philosophe. Sans oublier, en 2014, le Socrate de Kierkegaard ni Kierkegaard comme figure socratique majeure de la première moitié du XIXe siècle, nous mettons librement en commun nos savoirs et nos interrogations pour explorer et approfondir quelques aspects philosophiques de l’ironie, de l’humour, de la communication indirecte, du rapport « paradoxal » à la vérité que Socrate, en son temps, a su initier (au sens de l’initium).

 

 

Sommaire et liens de téléchargement (tous droits réservés)


1. Séance 1 (samedi 15 mars 2014) : Présentation générale. Thème : Socrate dans le néoplatonisme ?

  • Conférence par Anne Baudart  : « Socrate dans le néoplatonisme ? Le cas Socrate ».
  • Conférence par Arnaud Catil : « De l’ironie à la mystagogie : Socrate philosophe de l’Un ? Conséquences métaphysiques du socratisme chez Proclus ».

Télécharger l’intégralité du texte en pdf (p. 1 – 33)

 

2. Séance 2 (samedi 5 avril 2014). Thème : Socrate ou Jésus ?

  • Conférence par Anne Baudart : « Complétude du mysticisme plotinien ? ».
  • Conférence par Ilona Fortin-Comas : « Paul Ricœur, ou comment parler du Christ en philosophe »;

Télécharger l’intégralité du texte en pdf (p. 34 – 50)

 

3. Séance 3 (samedi 17 mai 2014). Thème : Aspects philosophiques de l’ironie moderne, deux exemples.

  • Conférence par Cécile Loisel : « L’ironie tragique chez Thomas Hardy ».
  • Conférence par Hélène Politis : « Propos sérieux à propos de Satie ironiste ».

Télécharger l’intégralité du texte en pdf (p. 51 – 73)

 

4. Séance 4 (samedi 14 juin 2014). Thème : De l‘ironie à l’humour.

  • Conférence par Alice Chalanset : « L’ironie : remède ou poison ? »
  • Conférence par Eric Antoine Dupuis :  « De l’ironie socratique à l’humour kierkegaardien ».

Télécharger l’intégralité du texte en pdf (p. 74 – 95)

 

 

Accueil

De la philosophie aux sciences positives : le mythe de l’émancipation (par P. Dupouey)

Atelier « L’idée de science » (2e année) 2014-2015

Séance du 22 novembre  2014 : argument et texte intégral

10h à 12h30 au CAPHES 29 rue dUlm 75005 Paris

De la philosophie aux sciences positives :
le mythe de l’émancipation

par Patrick Dupouey (1)

C’est un lieu commun de l’histoire des sciences, comme de la philosophie, que les premières n’auraient commencé d’exister qu’en se séparant de la seconde. Le récit de cette rupture – qu’on la regarde comme salutaire ou au contraire comme désastreuse – s’autorise fréquemment d’une référence à Auguste Comte et à la fameuse loi « des trois états ». Au prix d’une identification de la philosophie au stade métaphysique, cette histoire devient – au point de vue des sciences – celle d’une glorieuse guerre de libération. Il ne manque pas d’exemples pour valider ce récit, qui ne peut pas ne pas contenir, comme tout mythe, quelque part de vérité.

Le point de vue de la philosophie est plus nuancé. Il n’est sans doute pas un philosophe qui n’ait affronté la tâche de penser cette séparation, mais les appréciations ont considérablement varié. On ne pourra bien sûr les considérer toutes, mais on s’intéressera à quelques-unes, notamment à celles qui proposent des variations sur le thème cartésien de l’arbre du savoir (Lettre-préface des Principes de la philosophie). L’image se retrouve chez Husserl, mais aussi chez Comte, qu’on interrogera plus spécialement.

Il est clair qu’un récit de séparation ne peut se dispenser de préciser d’une part en quoi consistait l’unité primitive, d’autre part ce qu’il en est des identités respectives issues du divorce. On ne saurait valider l’idée d’une philosophie et d’une science autrefois réunies, mais dont la nature demeurerait la même une fois la désunion consommée, chacune n’ayant plus qu’à vivre, de son côté, d’une existence enfin conforme à son essence de toujours.

En présentant le stade métaphysique du développement de l’esprit comme « une simple modification » du théologique, Auguste Comte corrobore effectivement l’idée que la science devrait se définir par opposition à la métaphysique. Mais premièrement, il y a loin, dans l’esprit de Comte, de la métaphysique à la philosophie. Ensuite, quelque secondaire qu’il apparaisse dans les premières leçons du Cours, le métaphysique (plutôt que la métaphysique) s’avère, lorsqu’on pousse un peu au-delà, nettement plus riche et complexe.

Quant à ce que Comte appelle philosophie, le bilan général qu’il tire dans la 58e Leçon du Cours (« équivalent spontané du Discours initial de Descartes sur la méthode ») interdit de la présenter comme ce que l’âge positif autoriserait à reléguer au musée des errements de l’intelligence humaine.

Si j’en ai le temps, j’aimerais tirer de ces réflexions quelques conclusions sur les situations respectives des sciences et de la philosophie, ainsi que sur l’enseignement de cette dernière.

 

Télécharger le texte intégral de l’intervention en pdf (tous droits réservés).

 

1 – Professeur en classe de Première supérieure au lycée Pierre de Fermat Toulouse.

Retour au programme de l’atelier

Que signifie « comprendre une théorie scientifique » ? (par M. Vorms)

Atelier « L’idée de science » 2013-2014

Séance du 22 mars 2014

Que signifie « comprendre une théorie scientifique » ?
par Marion Vorms (1)

Le sujet de cet exposé est la notion de théorie scientifique. Il semble peu contestable que l’un des buts de l’enquête scientifique consiste à formuler des théories, que l’on peut décrire comme des ensembles structurés d’hypothèses portant sur un domaine de phénomènes. En abordant l’étude de cette notion sous l’angle de la compréhension que les sujets ont des théories, je cherche à en critiquer une conception abstraite et formelle, selon laquelle les théories peuvent être reconstruites au moyen d’outils logiques, indépendamment de la manière dont elles sont utilisées dans des raisonnements. Pour cela, je m’appuie sur l’exemple de la mécanique classique. Cette théorie existe sous plusieurs formulations différentes, qui sont équivalentes d’un point de vue logique, mais qui n’offrent pas la même représentation des phénomènes ni ne facilitent les mêmes raisonnements. Pour rendre compte de ces différences, il convient d’étudier la théorie comme une activité intellectuelle — l’activité théorique.

Télécharger le texte intégral de l’intervention de Marion Vorms (tous droits réservés).

 

1 – Docteur en philosophie, Marion Vorms est maître de conférences à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et chercheuse à l’Institut d’Histoire et de Philosophie des Sciences et des Techniques (CNRS).

Accueil

Atelier « L’idée de science » 2e année. Programme et calendrier

Atelier « L’idée de science », année 2014-2015

Responsables : Jean-Michel Muglioni et Jacques Doly

 

L’atelier L’idée de science a poursuivi son travail au cours de l’année 2014-2015 (1).  Le thème retenu appelle une réflexion qui ne se réduise pas à une simple description des méthodes particulières de telle ou telle science puisqu’il propose une mise en perspective philosophique de l’idée même de science. Il reste que la plus grande diversité des sujets choisis est admise parce qu’elle est philosophiquement nécessaire. Il sera évidemment possible de participer aux séances de l’atelier et d’y intervenir sans avoir nécessairement proposé une communication (2).

Pour 2014-2015, trois séances ont eu lieu  le samedi de 10h à 12h30 au CAPHES 29 rue dUlm 75005 Paris.

1 –  22 novembre 2014, Patrick DUPOUEY, professeur en classe de Première supérieure au lycée Pierre de Fermat Toulouse: « De la philosophie aux sciences positives : le mythe de l’émancipation ». Voir l’argument et télécharger le texte intégral de l’exposé.

2 – 24 janvier 2015, Alain CHAUVE, professeur de Première supérieure, inspecteur pédagogique régional : « L’idée de sciences de la nature ». Voir l’argument et télécharger le texte intégral de l’exposé.

3 – 30 mai 2015, Gilles BARROUX, professeur en classes préparatoires aux Grandes écoles au lycée Henri Moissan de Meaux, docteur en philosophie, directeur de programme au Collège international de philosophie : « L’idée de science en médecine ». Voir l’argument et télécharger le texte intégral de l’exposé.

contact : atelier.ideedescience(arobase)sofrphilo.fr

 

1 – Voir le programme et les travaux de l’année 2013-2014.

2 – Conditions générales d’accès. L’accès aux séances est libre pour tous les adhérents de la SFP, dans la limite des places disponibles. Toutefois, la salle étant d’une capacité limitée, il est préférable de prendre contact préalablement avec les responsables de l’atelier. Les non-adhérents peuvent également y participer avec l’accord des responsables de l’atelier : merci de prendre contact préalablement par mél.

Accueil

Paradigme géométrique et histoire des sciences (par F. Boule)

Atelier « L’idée de science » 2013-2014

Séance du 24 mai 2014

Paradigme géométrique et histoire des sciences,
par François Boule (1)

L’idée du thème de ce jour est venue d’une discussion entre Jean-Michel Muglioni et moi, au cours de laquelle j’évoquais deux styles ou deux tempéraments de mathématiciens, les « géomètres » qui recourent à des images, et les « algébristes », qui sont du côté du calcul ou du discours. Mais cette opposition simpliste vaut d’être un peu approfondie, et appréciée dans ses conséquences sur les paradigmes scientifiques hors des mathématiques. C’est donc un regard sur la géométrie, son évolution, et quelques-unes de ses conséquences que je vous propose, sinon dans toutes les sciences, du moins en astronomie, dont j’ai gardé quelques souvenirs.

 

Télécharger le texte intégral de François Boule en pdf (tous droits réservés).

En annexe, le texte de Henri Poincaré Des fondements de la géométrie, traduction en français par Louis Rougier du mémoire paru en anglais dans la revue américaine The Monist, (Vol. 5, n° 9, 1898-1899, octobre 1898). On trouve également ce texte en ligne sur le site www.mathkang.org

Accueil

1 – Agrégé de mathématiques, docteur en Sciences de l’Education, ancien MdF à l’INSHEA de Suresnes, auteur de divers ouvrages de pédagogie des mathématiques.

Publication des travaux de l’atelier Kierkegaard 2012-2013

Atelier Kierkegaard 2012-2013
Responsables  : Anne Baudart et Hélène Politis

Publication électronique de l’intégralité des travaux
(tous droits réservés)

Søren Kierkegaard est né le 5 mai 1813. L’année 2013 sera donc l’occasion, deux cents ans plus tard, de célébrer son œuvre et, surtout, de la relire avec des yeux neufs, en tenant compte de la décantation qui résulte du travail du temps et en mobilisant les acquis les plus récents de la recherche kierkegaardienne internationale. L’atelier organisé par la Société française de philosophie s’inscrit de manière spécifique dans ce cadre ambitieux puisqu’il va permettre à quelques jeunes chercheurs et à des auditeurs philosophes de se rencontrer pour dialoguer, documents à l’appui, sur la signification et l’intérêt de travaux en cours. L’accent y sera mis sur Kierkegaard philosophe et visera à montrer la portée actuelle de son œuvre. Car cette œuvre, comme celle de tous les grands philosophes, n’appartient pas à l’histoire sur un mode passé, mais elle peut nous aider à clarifier et approfondir nos engagements philosophiques, quelle qu’en soit la diversité. D’où la grande chance que représentent les conditions d’un travail en atelier ne séparant pas information précise et dialogue ouvert, mise en commun des connaissances et capacité critique de progresser, dans un style qui s’efforcera d’être fidèle à la belle liberté intellectuelle dont témoigna toujours Kierkegaard.

  • Séance 1 (10 novembre 2012) : Problèmes philosophiques liés à la réception de Kierkegaard aux États-Unis et en France. Introduction, conférence par Éric Pons, conférence par Hélène Politis, discussions.
    Télécharger la transcription intégrale
    .
  • Séance 2 (19 janvier 2013) : Le problème des Miettes philosophiques de Kierkegaard : perspectives philosophiques actuelles. Introduction, conférence par Ilona Fortin-Comas, discussion.
    Télécharger la transcription intégrale.
  • Séance 3 (9 février 2013) : Sur le Post-scriptum aux Miettes philosophiques de Kierkegaard : perspectives philosophiques actuelles. Introduction, conférence par Mathieu Horeau, discussion.
    Télécharger la transcription intégrale.
  • Séance 4 (6 avril 2013) : Hommage philosophique à deux grands interprètes de Kierkegaard : Ronald Grimsley et Henri-Bernard Vergote. Introduction, conférence par Eric Antoine Dupuis, conférence par Cécile Loisel, discussions, conclusion synthétique sur les 4 séances.
    Télécharger la transcription intégrale.

 

Accueil