La laïcité de la République. Un point de vue juridique (par G. Calvès)

Atelier « L’idée de république » (3e année)
animé par Jacques Doly et Jean-Michel Muglioni

Séance du 16 mars 2019

École Normale Supérieure 45 rue d’Ulm 75005 Paris, salle Weil, 10h-12h30

La laïcité de la République. Un point de vue juridique

Gwénaële Calvès, professeur de droit public à l’Université de Cergy-Pontoise.

La France est une République laïque », énonce la Constitution de 1958. Lapidaire, l’affirmation est spécifiée, en droit positif, par un ensemble de principes ou de règles que nous commencerons par présenter. Chemin faisant, nous essaierons de montrer que les « composantes du principe de laïcité », comme disent les juristes, forment un système très cohérent, au service des idéaux constitutifs de la République : souveraineté, liberté, égalité.

Mais le système s’avère structurellement instable, car il est porteur d’exigences qui, dans certaines situations, peuvent s’avérer contradictoires. Il est alors traversé par des conflits de droits qui se résolvent, soit par des réaménagements au sein même du principe (une composante se voit accorder la priorité sur les autres, non pas in casu mais de manière pérenne), soit par le recours à des techniques plus ponctuelles, dites « de conciliation » (exemption, dérogation, accommodement raisonnable, suspension pure et simple de la règle applicable…). Nous proposerons une typologie sommaire de ces différents cas de figure, pour les soumettre à la discussion collective.

 

S’inscrire (avant le 14 mars) pour assister à la séance :

Conditions d'accès

Les ateliers sont ouverts à tout adhérent de la Société française de philosophie, dans la limite des places disponibles. Les non-adhérents peuvent également y assister avec l’accord du responsable de l’atelier. Toutefois, les salles ayant des capacités limitées et l'accès aux locaux étant soumis à des consignes de sécurité, il est impératif de prendre contact préalablement avec un responsable de l’atelier.

 La République et l’universel : vers un universel avec adjectif ? (par N. Fartas)

Atelier « L’idée de république » (3e année)
animé par Jacques Doly et Jean-Michel Muglioni

Séance du 19 janvier 2019

École Normale Supérieure 45 rue d’Ulm,
salle Weil, 10h-12h30

La République et l’universel : vers un universel avec adjectif ?

Nadia Fartas, professeur de Lettres, docteur en littérature, membre du comité de rédaction d’Images Re-vues, enseigne l’esthétique et la théorie des arts.

La Constitution de la République française repose sur l’idée d’universel puisque est stipulé que chaque être humain est considéré en tant que citoyen jouissant des mêmes droits que son semblable en raison de son indépendance vis-à-vis des appartenances à un ou plusieurs groupes, sans pour autant que soient niés les particularismes, la République étant démocratique. C’est pourquoi quand elle a lieu la remise en cause de l’universel se fait, le plus souvent, au nom d’une remise en cause de cette forme d’organisation politique, et partant, de l’État de droit. Est entre autres reproché à l’universalisme républicain, qui découle du projet des Lumières et de la Révolution, de faire fi de l’accès tardif des femmes aux droits civiques ainsi que des violences liées à l’uniformisation linguistique. Le projet républicain est en outre réduit à l’expansion coloniale et aux horreurs du colonialisme. Ne sont ainsi retenues que les trahisons et transgressions des principes républicains, lesquels sont adossés à la justice sociale. Une autre critique adressée à l’universalisme républicain consiste à confondre universalisme et uniformité, de sorte que les singularités et les différences seraient étouffées. D’autres soutiennent en revanche que tendre vers l’universel est la seule manière de remédier aux inégalités, aux discriminations et aux injonctions abusives. En ce sens, viser l’universel relève de l’exigence. L’universel fait donc beaucoup parler. Entre la suspicion et l’exigence, certains philosophes, sociologues ou essayistes s’attachent ainsi aujourd’hui à cerner les contours hautement politiques de la notion d’universel. L’une des marques de cette entreprise réside dans le mouvement de caractérisation dont l’universel fait l’objet. Concret, abstrait… mais aussi « humain », « rebelle », « contrarié », « intensif » : quelles réponses ces formes de qualification offrent-elles ? On verra comment celles-ci cherchent à refonder l’universel en renouvelant notamment les relations que cette notion entretient avec le singulier.

 

L’idée de république et la propriété (par A. Foucher)

Atelier « L’idée de république » (3e année)
animé par Jacques Doly et Jean-Michel Muglioni

Séance du 17 novembre 2018

École Normale Supérieure 45 rue d’Ulm,
salle Weil, 10h-12h30

« L’idée de république et la propriété »

Alexandre Foucher, commercial informatique, professeur de stratégie à l’IAE

Depuis Platon, la philosophie s’est faite politique afin de déterminer l’idée de République, c’est-à-dire afin de déterminer quel est le bon gouvernement, quelles sont les meilleures Cités. Déterminer l’idée de République permet d’avoir un modèle à partir duquel on peut mettre en place la critique et faire des recommandations politiques et sociales. L’idée de République est l’idée de justice appliquée à l’organisation du vivre ensemble : c’est la justice politique, c’est la justice dans la répartition des droits et des devoirs, dans la limite et l’épanouissement de la liberté, dans le respect de la propriété.

Ici nous tâcherons de montrer comment l’idée d’une bonne République est en fait déterminée par la notion que son penseur a de la propriété. C’est peut-être en fait moins la notion de justice qui détermine l’idée de République, que les notions, parfois présupposées, sur les droits à la propriété. L’évolution de la notion de propriété permet de remettre en perspective les positions de gauche de nombreux philosophes, ainsi que la notion même de justice individuelle et collective.

Pour cela nous travaillerons principalement sur Platon, La République, et Locke Le second traité du gouvernement.

Références bibliographiques

  • Platon, La République, La Pléiade
  • Platon, Timée, GF-Flamarion, trad Luc Brisson
  • Locke, Le second traité du gouvernement, PUF Epiméthée
  • Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, Gallimard
  • Rousseau, Du contrat social, GF-Flamarion
  • Monique Dixsaut, Études sur la République de Platon, Vrin
  • Alexandre Matheron, Individu et collectivité chez Spinoza, Éditions de Minuit

Lire et télécharger le texte intégral de l’intervention (tous droits réservés).

Atelier « L’idée de république » 3e année 2018-2019

Atelier 2018-2019 « L’idée de République 3e année » (responsables: Jacques Doly et Jean-Michel Muglioni)

5 séances le samedi de 10h à 12h30 à l’École Normale Supérieure, 45 rue d’Ulm, salle Weil (rez-de-ch.)

  • 17 novembre 2018, Alexandre Foucher (commercial informatique, professeur de stratégie à l’IAE) : L’idée de république et la propriété.Lire la présentation et télécharger l’intégralité du texte.
  • 19 janvier 2019, Nadia Fartas (professeur de Lettres, docteur en littérature, membre du comité de rédaction d’Images Re-vues, enseigne l’esthétique et la théorie des arts) : L’idée de république et l’universel.
  • 16 mars 2019, Gwénaële Calvès (professeur de droit public à l’université de Cergy-Pontoise) : La laïcité de la République. Un point de vue juridique.
  • 11 mai 2019, Cécile Loisel (professeur au lycée Galilée de Franqueville-Saint-Pierre, secrétaire générale adjointe de la Société française de philosophie) : L’idéal de gouvernement républicain dans les communes italiennes au XIVe siècle, l’exemple de Sienne.
  • 25 mai 2019 : Bernard Teper (co-animateur du Réseau Education Populaire (Rep), co-auteur de Penser la République sociale au XXIe siècle) : L’idée de république sociale.